À MON VIF REGRET

Hélas, l'acide borique
Menace mes intérêts,
Contredisant tout exprès
Ma prédiction théorique.

Si, victoire allégorique,
Je le prenais dans mes rets
Hydrophobes, j'en serais
À juste titre euphorique.

Mais, débâcle ! Échec grossier :
Sans égard pour Lavoisier,
Quand je l'extirpe, il augmente !

Fermier, au blême matin,
Je crains fort, et m'en lamente,
De partager ton destin.

LE XXI° SIÈCLE

Soufre ! Phosphore ! Hydrogène !
À plus de trois mille pieds
D'aériens scaphandriers
S'entre-massacrent sans peine

Sur un papier piqueté,
Camelote d'antiquaire,
Qui ne se vendra pas chère,
La vieille curiosité.

Un dirigeable promène
En uniformes pompiers
Ingénieurs et officiers
Par la céleste géhenne

Peinte de rouge éclaté,
La nébulosité claire
Tâche le mot hoploptère
D'un disgracieux pâté.

La salve résonne en chaîne
Dans un tumulte d'aciers ;
Voltigeurs et cuirassiers
Foulent du ciel gris la plaine.

Sabre électrique au côté,
Rouages en bandoulière,
Portant la moustache fière
D'un hussard encravaté,

En bicyclette aérienne
Passe un tandem de coursiers
Au vent de leurs pédaliers,
En képis bleus à sirène.

Et la facture grossière
Confère un aspect daté
De désuète chimère
À ce futur inventé.

Sous la menace inhumaine
De mécanismes guerriers
Des peuples nus et entiers
Tremblent de peur et de haine.

Antique naïveté !
S'amuse un lecteur sévère.
Que notre époque diffère
De ce songe en vérité.

Arrêtez de lire n'importe quoi et retournez à l'accueil
ou bien passez à la période suivante, ou revenez à la précédente