MAUVAISE GRAINE

Mauvaise graine L'ADIEU DES LÂCHES

Pleure, on frappe à la porte ; ce sont eux, sans doute.
Pleure, il me faut partir de ce lieu que j'aimais.
Pleure, notre futur moi aussi je redoute.
Pleure, il nous faut nous dire adieu à tout jamais.

Pleure, ils vont m'emporter loin de cette maison.
Pleure, je suis vaincu et eux sont les vainqueurs.
Pleure, de mon départ tu connais la raison.
Pleure, tu resteras pour toujours dans mon cœur.

Pleure, c'est douloureux, mais il n'est plus d'issue.
Pleure, je dois partir, nous n'avons plus le choix.
Pleure, de cette fin ne soyons pas déçus.
Pleure, souvenons-nous de nos paix et nos joies.

Pleure, où qu'il faille aller je te protégerai.
Pleure, je t'enverrai, si je le peux, des lettres.
Pleure, quoi qu'ils me fassent je ne t'oublierai.
Pleure, et qui sait ? Un jour je reviendrai peut-être.

Pleure, merci pour tout, tu fus plus qu'admirable.
Pleure, mais je t'en prie, ne pense plus qu'à toi.
Pleure, oublie mon prénom, mes yeux, c'est préférable.
Pleure, en notre bonheur tu dois garder la foi.

SONNET A L'ARMEMENT NUCLEAIRE

Comme il est doux d'entendre, au long des grandes guerres,
La chute calculée des plus puissantes bombes,
Décimant fous injustes et vauriens vulgaires,
En une flamboyante et unique hécatombe.

Leur feu tire du plus profond de la matière
Sa force, et quand les vastes orgues atomiques,
Ayant empli les cieux, en volutes altières,
S'y tordent, leurs drapés hurlants sont magnifiques.

En ces brasiers si beaux se purifie la Terre,
De l'humanité veule, et un silence austère,
S'épanouit sur les cendres des halliers malsains.

L'on s'en voudrait alors de ne pas admirer
Ces vagues de splendeur, où la trouble Empyrée
Se laisse apercevoir à qui brûle en leur sein.

COMME UN RAT

Je les vois, tous ces rats courant au cœur des villes,
Je vois ces animaux fourbes, rampants et vils,
Laids, couards, pestiférés, méprisés et lubriques,
Abrutis par la peur, la faim, les narcotiques.

Ils percent des tunnels de tunnel en tunnel,
Méchants, cherchent pitance en plein cœur de l'ordure,
S'estropient quelquefois dans des combats cruels,
Et ne ferment les yeux que sur leur pourriture.

J'étais un si bon rat dans la force de l'âge ;
Pour être un mâle Alpha j'ai dû lutter souvent.
J'étais plein de fureur, de vie et de courage.
Je pouvais espérer survivre auparavant.

Je ne suis plus qu'un rat sale et anxieux, sans crocs,
Ni espoir, rendu fou par les électrochocs,
Boiteux, convulsionnaire à l'ombre des barreaux ;
Mon cerveau est à nu, et mon pelage en loques.

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