BOUTS RIMÉS

Exercice assez vain mais à l'occasion amusant, auquel je me suis prêté un temps avec quelque camarade. Évidemment, l'intérêt de l'exercice, qui tenait tout à sa vitesse d'exécution, se perd un peu sous forme d'archives.

Oh, s'en aller en Grèce ! Là où nous partons
Ne luit qu'un soleil froid, fuyant comme un hier.
Attique, antique ciel, rends-moi l'astre plus fier
Que célébra Rostand en vers de mirlitons !

La mouche est attirée par la bouse et les feux ;
Le soleil plaît autant que l'ombre à la vipère ;
Aux faux dieux comme au vrai les hommes font prière ;
Un ventre plein leur sied autant qu'un songe-creux !

Paré des grenats noirs dont mon cœur a saigné,
Marquise, hélas, toujours vous déplairai-je autant ?
Malgré vos cruautés et vos refus, le temps
N'a pas su amenuir l'amour qu'il a damné.

YAHOO ! l'Artois s'insurge au chant noir du clairon !
YAHOO ! taureau furieux, Robert baisse sa corne !
YAHOO ! au roi d'Albion il offre un blanc héron !
YAHOO ! pour que l'orgueil cravache son sang morne !

Hélas ! On devyent layd à être trop gourmand !
Sy pour la séductyon, dans le règne anymal,
Je suys de loyn le plus désarmé, c'est flagrant,
Pour la dyssuasyon j'ai tout un arsenal !

Front haut et blanc semblant l'aiguille d'Etretat,
La pie rouge mettait ses gros pis sur l'étal,
Chant du cygne ou du coq qui du vent fait l'état ;
Comment, un étourneau, l'aigle royal ? Que tal ?

Solness, de songes-creux en pleine rêverie,
Se figure qu'on peut en regardant la lune,
Tomber dans un puits de sagesse ; mièvrerie !
Quelle idée agiter sans en secouer une ?
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