Blanche-Neige et les Sept Nains

(des Allemands)

Genre : vite fée mal fée
Catégorie : pour les enfants

L'imitation assez médiocre des films de Walt Disney est un moyen comme un autre de gagner un peu d'argent pour les mercantis sans scrupules, dont d'ailleurs Nanarland en a déjà parlé sur Nanarland et comme je copie tout sur lui il est temps que je m'y mette aussi. Heureusement quelques Teutons anonymes ont décidé de me faciliter la tâche en produisant cette version de Blanche-Neige en dix-huit pages, neuf de texte et neuf d'images dans une symétrie hautement symbolique.

L'accusation de plagiat est assez sérieuse, et le lecteur un peu pédant me fera remarquer que l'historiette des frères Grimm est dans le domaine public et donc que les gens ont le droit d'en faire de nouvelles versions, mais cette objection est vite balayée. Les images, d'abord, montrent avec le chef d'œuvre de l'animation de Walt Disney des ressemblances trop appuyées pour être dues au hasard.

l'original est à gauche

Outre un manque d'originalité certain, les illustrations trahissent aussi d’une misère noire ; tout n’est qu’arrière-plans flous, morceaux recyclés d'une page sur l'autre, couleurs étranges, rictus abominables. Comble d’économie, hormis sur la couverture le livret s’efforce de raconter l’histoire de Blanche-Neige et les sept nains avec en tout et pour tout cinq nains.

Un cerf laid

Réinsère-les

Le texte, aussi, sans y être entièrement fidèle, doit clairement davantage à la version animée qu’au texte original. Il est de plus singulièrement maladroit, et si court que personnellement je ne vois pas pourquoi je devrais me fatiguer davantage

Blanche-Neige se trouva seule dans la forêt et elle était très effrayée.
Elle continua à marcher et se perdit complétement dans la forêt.
Soudain, elle trouva une petite maison dans les profondeurs de la forêt.

Test de compréhension écrite : où se passe cette partie de l'histoire ?

La dernière double page de cette escroquerie m’inspire pourtant un dernier effort tant elle synthétise la fainéantise et la simplicité du livret.

Admirez en haut les deux oiseaux clonés façon Birdemic ; un peu partout, les deux modèles de papillons multipliés de même ; en bas à droite une paire de nains laids figés dans des postures improbables  ; en arrière-plan un stock-shot péniblement flouté de chateau ; enfin, sur la page de texte, une conclusion assez idiote du récit sur une considération immobilière tout à fait incongrue dans un récit prétendûment fantastique. Peu s’en faut qu’on nous apprenne que le nouveau couple princier allait faire ses courses à Monoprix parce que même si c’est plus cher que Carrefour, les produits y sont meilleurs et en plus les nains avaient la carte de fidélité.

Pauvre Walt, lui qui aimait tant l'Allemagne


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