Bloody America

(Ryder Stacy)

Genre : Les jeux du cirque de Moscou
Catégorie : Action/Politique

2089. Cent ans après une guerre nucléaire dévastatrice le monde est ravagé, peuplé de créatures mutantes et en plus dominé par les Soviétiques.

Something bubbled and boiled like a thing alive. It was the poison of a hundred years, the black rotting radioactive liquids that had seeped into the soil through a million cracks and collected hundreds of miles down in a dark sea of death. It was an underground ocean of stench and decay and rot, of glowing molecules with names like strontium 90, titanium 140 and krypton 85 - all of them as virulent as the day they had been created red hot from the fires of the H-Bombs going off everywhere like the fourth of July a century a century before. It was a sea of slime and putrescence that writhed in a radioactive frenzy spitting forth clouds of toxic gas reaching out with pseudopods, of the purest blackness.
The sabre-tooth lion, Maximus Felinus, as named by Dr. Schecter's science crew back in Century city, was one of a few true new species, created from the omnipresent x-rays, gamma rays, and beta rays, eternal by-products of the H-bombs that had fallen onto America by the thousands. Mutated chromosomes, genetic patterns twisted and rearranged into new forms of life - like the cute killer pussycat that stood in front of them.

de la hard-science

Le monde est donc sous la coupe de l'Union Soviétique et de son leader dépressif le "premier ministre" Vassily. En Amérique, c'est plus compliqué : le pouvoir se divise entre le chef du KGB, le squelettique et maléfique colonel Killov, et le général Zhabnov, neveu de Vassilly et amateur de fillettes américaines. Notez que cette dernière dépravation est parfaitement gratuite et sans rapport avec l'histoire, il n'a même pas sodomisé le héros quand il était jeune, Ryder Stacy (en fait deux auteurs, Jan Stacy et Ryder Syvertsen) fait cela purement pour la beauté de chose et pour informer ses plus jeunes concitoyens qu'ils doivent se méfier si un Soviétique leur propose des bonbons pour monter dans son T-34.

Or comme l'empire romain (référence répétée) cette dictature maléfique commence à s'effondrer de partout et notamment chez l'oncle Sam où une centaine de Cités Libres viennent d'élire un président des États Réunis d'Amérique.

They are bred tough, with weak children placed out in the twenty-below zero nights. If the child lives, it is allowed to develop. If not, then it is just as well to put it out of its misery now.

Papa, comment on fait les Américains ?

The shortest reign in history, Langford thought bitterly to himself. [...] he, of all people, was the elected moral and spiritual leader of the free men and women of America

un président qui prend son règne au sérieux

Pourtant la présente aventure se passera pour l'essentiel en URSS, le héros Rockson restant derrière lui ses acolytes apparemment plus présents dans le reste de la série, dont un ninja chinois lanceur de shurikens explosifs qui me troublait déjà plus que de raison.

Pour permettre au président de fuir un fort parti de Soviétiques en effet, Rock et Rockson et son gros ami Archer arrêtent de fuir un moment pour passer à l'action contre une vingtaine d'hélicoptères ennemis. Rock dégoupille deux grenades, en jette une sur le premier appareil pendant qu'Archer lui décoche une flèche d'arbalète (sic). L'explosion, routinièrement, détruit pas moins de trois hélicoptères puis les héros s'enfuient, la deuxième grenade ayant disparu sans laisser de trace.

Soit du fait de ces problèmes d'arsenal disparaissant, soit parce que Ryder & Stacy en ont ainsi décidé, les deux patriotes se font donc capturer et expédier aussitôt vers la capitale mondiale du vice et de la terreur : Moscou...

Mais d'ailleurs, savez-vous ce que font les communistes à leurs prisonniers (quand ils sont déjà pubères) ? Savez-vous à quels traitements dégradants ils les soumettent, à quels sort monstrueux ils les réservent pour le plaisir pervers de quelques apparatchik dépravés et sanguinaires ?

Ils les font participer à des combats de gladiateurs, pardi ! Au cinéma, 2020 Texas Gladiators ou le Gladiateur du Futur ont mélangé avec plus ou moins de bonheur jeux du Cirque et post-apo. Mais Bloody America pousse bien plus loin le décalque dans ce qui est assurément le clou de la lecture, une réécriture du mythe de Spartacus mais avec des mutants et des communistes.

"You are the Rockson," the brunette said, dragging the Doomsday Warrior to the bed. "I have heard much about you even here in Russia. You are renowned for being both a fighter and lover."
[...]
She grasped his aroused manhood and a shiver cursed through her body. "Oh - you are so - so much of a man." The touch of his organ seemed to drive her into a frenzy[...] At last he pulled her up until she was alongside him and rolled on top of the courtesan of ultimate pleasure.
In the other room the three women who had gone with archer were wild with excitement. As they had undressed him for his bath, revealed before their eyes was the largest male organ they had ever seen. They exclaimed over it, a little frightened of such a tool

un peu de copulation entre-temps, qui permet de mettre certaines choses au point. L'architecture phallique, la rigide surpuissance chuckienne, tout cela c'est bien beau, mais enfin ce qu'il faut dire clairement, c'est que les Américains ont des gros pénis. Et ça, c'est Ryder Stacy qui l'ose.

What do you think about?" Vassily asked the African. "Beneath that calm exterior, what goes on in that black mind of yours?"
[...]
"Peace for the World - for all mankind - so that we may return to the paradise that this green planet once was. That is my anger, my vengeance - to influence you, sir, to create peace."

le majordome du chef de l'Empire Soviétique, un prince Massaï qui fait du vaudou aussi

Perhaps some wine ? Chateau Neuf de Pâpe '78

même les vraies boissons prolétariennes ont muté


INTERLUDE
Êtes-vous un véritable Américain ?

Deux soldats américains sont emportés à Moscou en vol suborbital. Au-dessus de l'atmosphère, vous :
faites de la gymnastique en apesanteur.
allez au toilettes pour relâcher un gros excrément qui devient un météore dans le ciel polaire.
restez assis et laissez les prisonniers faire les zouaves dans l'avion.

Votre pénis est plutôt :
petit.
grand.
(mesdames, de l'imagination)
Pour vous évader discrètement du Kremlin, vous :
marchez à pas de loups.
cassez les portes à coups de pieds.
cassez les meubles à coup de pieds.
faites exploser d'autres meubles.
vous balancez depuis une fenêtre avec une rallonge électrique "made in USA" de quinze mètres de long qui traînait par là.

Votre opinion en matière de religion ?
Vous croyez en Dieu comme tous les bons Américains.
Vous croyez en plusieurs dieux comme tous les bons Américains.
Vous ne vous occupez pas de religion comme tous les bons Américains.
réponse 1, 2, ou 3, ça dépend du chapitre.

Résultats


D'abord, de l'entraînement. Pendant que les nanardeurs blanchis sous le harnais exubèrent parce qu'on massacre des pastèques à l'arrière-plan, Rockson apprend en une semaine à maîtriser une arme qui demande normalement des années d'entraînement : la duo-blade, ce poignard moche représenté sur la couverture et dont j'avoue ignorer s'il existe pour de vrai.

There were pygmies riding each other's shoulders, wielding samurai swords that cut the air with a whoosh before decapitating melons.

Prenez ça les pastèques.

Puis les jeux proprement dits, avec en entrée des femmes dénudées se faisant dévorer par des fauves pour le plus grand plaisir des nérons-de-cuir moscovites. Déplorable spectacle en vérité, dont seuls les plus mauvais esprits trouveront que l'auteur le décrit en longueurs peut-être un rien trop libidineuses pour être honnêtes.

The girls from the slave nations, their thighs and breasts showing through their flimsy ripped garments, moved backward as a group.
[...]
An immense tiger, nearly five foot at the shoulder, rushed at a buxom white Irish girl with skin as fair as a first November snow. But it wasn't a quick or efficient killer. It ripped out one of its plate-sized paws, the claws fully extended like a row of daggers, and slashed her across the chest. Her right breast was ripped from her body like a piece of flimsy paper. The Irish girl fell to the blood-speckled ground, screaming like a siren. The tiger slashed again, this time across her softly rounded stomach, ripping deep into the tender flesh. The five claws dug in nearly half a foot, five scalpels crudely dissecting the human prey. Her intestines and inner organs spewed out onto the arena floor in an explosion of blood and torn flesh. The huge carnivore put one of its paws on the squirming woman's throat and slammed its opened jaws into her oozing innards. It ripped at the red goodies, taking bites of the soft organs - its favorite food - pulling out large chunks of the firm dark kidneys and liver and pancreas. The poor girl was still alive, her heart pumping furiously to sustain her existence. She could feel the tiger tearing at her and knew there was not a thing she could do. Its face red with blood, dripping in little drops from its long white whiskers, the tiger moved up to the skulls for the brains - the next item on its list of delicacies.

si ce n'est pas malheureux de voir ça.

En plat de résistance, une scène où le grotesque le dispute à la vulgarité sous l'œil consterné de la folie, un interminable combat d'handicapés avec des armes improvisées s'achevant par le duel d'un nain avec un marteau contre un aveugle avec une faux. Reconnaissons au passage que les descriptions de combats à proprement parler, sans valoir du R.E. Howard, sont d'honnête facture et pourraient être qualifiés de réussies si, presque à chaque fois, un détail stupide ou une outrance ridicule ne venait tout gâcher.

Et enfin le choc ultime des vrais gladiateurs, dans une arène inondée de sang et de testostérone. Tel Rocky Rockson, au cœur de l'Empire des ténèbres, va devoir affronter le plus célèbre champion soviétique dans un combat sans merci; en l'occurrence il affronte un géant noir à trois bras de cent cinquante kilogrammes.

The product of genetic experiments to produce a killer for the gladiator pits, he was, if you could consider an overdeveloped half-animal murder machine art, a pinnacle of genetic rearrangement. Quite handsome really, with the jutting jaws and rows of wolf-like canines, and the third arm protruding dead center from his chest. The Menace held a long spear in his left arm, a short blade for piercing in his right and a thick steel shield in the third middle arm.

en gras, la citation du siècle

the gladiator pulled a small trigger at the bottom end of the pike, and a small explosive charge situated near the other end shot the spearlike tip of the weapon straight forward - a projectile of steel death. But the Doomsday Warrior was already gone. The bolt shot forward at two hundred miles per hour across the stadium grounds, slamming into the back of Qatar the Chest Opener. The bolt pierced clear through the gladiator, exiting out through his chest with little globules of dark red heart tissue coating the tip.

une ruse de Sioux qui tourne mal

Rockson lashed up with a sidekick to the Menace's groin, catching the black warrior squarely in the testicles and lifting him nearly a foot off the ground. Even with a steel-plated groin cup beneath his black leather pants, the kick took the wind from the Menace.

du coup Rockson n'a pas de scrupules à lui donner des bons coups de pied dans la bourse

The hook slipped easily inside the thick neck and deep into the windpipe and jugular vein. Rock pulled the shiny blade out, ripping with all his strength, and it emerged hooked around the artery and breathing tube. As he pulled back, the two fleshy tubes that gave life burst in half, and blood sprayed over his face and chest. The Black Menace dropped his weapons and threw his three hands over the gaping wound in his neck. He tried to scream but he couldn't as his larynx hung by a thin veiny tendril nearly down to his shoulder

une mise à mort tout en finesse

The Red tried to lift its spiked mace and caught archer a glancing blow on the shoulder which the big man shook off. Archer dropped on top of the Russian, forgetting his weapons, and slammed his huge head into the man's face. The gladiator screamed in pain as his nose and teeth shattered and swung the mace again, this time catching several of the spikelike teeth in Archer's back. With a grunt of disdain the freefighter whipped his head down again and again until the Russian was still - the front of his face no longer a face but a mass of crushed bone. One eye hung lazily out of its socket and plopped down unto the blood-soaked dirt as if looking for a hole to hide in.

pendant ce temps Archer ne perd pas son temps non plus.

Après toutes ces émotions, l'inévitable révolte des esclaves pourrait sembler un peu plate, et pour tout dire elle l'est, même si Rockson fait tout exploser dans la capitale des méchants et notamment le centre de contrôle des missiles nucléaires. On s'amuse quand même un peu puisque dans leur quête de liberté les héros se trouvent assistés par des dissidents soviétiques, lesquels sont obnubilés par le jazz (en fait, d'après le google, c'était plus ou moins vrai) et donc ne s'expriment qu'en un mélange de petit nègre et de jargon de jazzmen (ce qui l'était sans doute moins), tout en combattant avec des instruments de musique qui font le bruit qui tue (ce qui ne l'était sans doute pas du tout).

"Years ago, the subways ran booping through these groove tubes. But a big boom-boom tube, one of yours, wipe out the north section. Reds let place rot, like burgers and fries. We blew into the scene and just crashed here. Now it's our dig. You dig?"
The melodies, having certain melodic structures, notes, and decibel peaks, had been precisely calculated as to what their effect would be. For rats and tunnel creatures they played "Chattanooga Choo-Choo"; for rendering Red soldiers unconscious, the "St. Louis Blues;" and for wipeout time they blared out "Take the A Train." These songs had been banned throughout the Russian Empire, as had all jazz, considered a degenerative example of capitalistic society.
["Not hallucinating. No siree, Bob," Yuri Goodman said "We the Big Booper, the Seventh Cavalry and the Chattanooga Choo-Choo all rolled into one [...] We the wild jazz men, the junior birdmen of the steppes. Come to free you all crazy jazz lovers here in stone land."
the guards reached for their Kalashnikovs. The dissidents raised their instruments to their lips and played a single terrifying chord, encompassing nearly every wavelength in the sound spectrum. The notes shot out across the cold stone floor, dropping the guards where they stood. The Reds slapped their hands over their ears, quivering in stunned agony.
"Now we groove, hot babies," Yuri said

Invoquant mon droit de retrait, je renonce à commenter ces passages.

A DAY IN THE LIKE OF IVAN KRESKY
The best laid plans of mice and dissidents...

Du coup on a droit à un peu de gauchistploitation dans le titre des chapitres

Sans surprise Rockson arrive en suite à s'enfuir dans un MIG volé avec son ami et à rejoindre les États-Réunis d'Amérique, et je ne peux que saliver d'avance des nouvelles aventures qui l'y attendent.

They were still above the ocean but close - close to home. He could fell it in his bones. [...] Suddenly Rock saw land ahead -America. How long had they been away? Weeks - months? It seemed like forever. An endless procession of enemies trying to destroy him. But he had survived yet again. The gods were still on his side, perhaps on America's side.

À bientôt lecteurs décalés


À titre informatif je n'ai fait ici qu'évoquer l'ampleur de cette folie radioactive qu'est Bloody America. Lorsque je lis un nanar, je place souvent un marque-page à chaque endroit frappant, pour faire le tri au moment de la chronique. Or voici à quoi ressemblait le livre après être passé entre mes mains expertes :


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