L'Hydre acéphale

(Marice Limat)

Genre : nanar de barbarie
Catégorie : action

Procéder à un recensement systématique de tous les opus au rabais publiés chez feu Fleuve Noir serait, surtout dans le domaine de la Fantasy bas-de-gamme, une tâche plus titanesque que de traverser les Montagnes du Destin pour aller chercher l’Épée des Rois-Chevaliers d’Hubargon dans les Cryptes du Chaos afin de pouvoir vaincre le Roi des Ombres. Pourquoi, dès lors, ne présenter qu’une seule de ces tristes épopées de gare, choisie un peu par hasard?

C’est d’abord sa couverture, au milieu d’un banal bac de bouquiniste, qui plaide en la faveur de L’Hydre acéphale. Soyons franc. Pour tout esthète de la littérature bas-du-front, il ne peut que falloir cette illustration d’un vigoureux athlète au slip étrange affrontant à la hache une pieuvre géante sous le regard indifférent de deux extraterrestres masquées à gros seins, et qu’importe le contenu.

Devinez si cela a un rapport avec l'histoire

Pourtant, outre qu’il se laisse paisiblement lire en enchaînant des péripéties classiques et sans grand rapport les unes avec les autres, ce très anecdotique ouvrage offre quelques qualités suplémentaires qui en font une bourrinade sympathiquement crétine à lire une bière à la main, la première n'étant autre qu’un style résolument cheap.

Il lâcha la pierre d’une pierre d’une main, y laissant ses empreintes rouges, et, de l’autre, s’empara du câble.

une phrase, un faux raccord

Les rayons de Soleil III lui faisaient une aura d'un joli bleu sertissant délicatement sa peau brune
Une sorte de chimère de mammifère et de saurien, gros comme un écureuil de la Terre, mais serti d'une peau écailleuse.
la main crispée sur son couteau de pierre encore marbré du sang d’Ôn-le-féroce
ce n’était évidemment pas la première fois qu’il évoluait dans un milieu cavernicole

le concours cylindrique d'adjectif aléatoire, un grand classique de la fantasy

ils obtempérèrent donc promptement aux injonctions du courageux garçon.
les deux garçons s’évertuaient à sonder le sol du regard

ce n'est pas Conan qui serait un aussi courageux garçon

Le fond pour sa part s'avère largement à la hauteur ou plutôt à la bassesse, incroyablement idiot et racoleur, même pour du Fleuve Noir de la grande époque. Pour du dire, on se sent un peu sale après avoir pataugé deux heures durant dans le sadisme complaisant, la sombrerie outrancière et la fesse poisseuse.

Tek'Ii, qui n'avait encaissé que peu d'impacts des terribles poings mais atteint Gnôr à plusieurs reprises, lui asséna un direct subtil au foie qui le fit se plier en deux. Tek'Ii en profita pour achever l'antagoniste d'un coup de pied au bas-ventre. Gnôr éructa violemment, chancela et on vit cette masse de chair poilue qui culbutait et s'étendait sur l'herbe. Il y resta un bon moment, reprenant son souffle et attendant que la douleur voulût bien s'atténuer en lui.
Ce primitif, après la catastrophe qui avait fondu sur sa tribu, s'accrochait tout simplement à celui qui était son chef de file, et qui lui avait démontré un peu plus tôt sa supériorité physique, à laquelle il s'était soumis sans réticence à l'issue du combat.
Et s'il avait assez sottement tenté une fois de violer Diwâa, après la vigoureuse volée qui avait été son sort, il n'éprouvait pour elle qu'une sorte de respect barbare. Fait sans doute plus de crainte que d'un sentiment raffiné.

Gnôr, un ami que le héros se fait en lui assénant des directs subtils au foie.


Elle portait un vêtement court, laissant ses superbes jambes nues, ainsi que les épaules dont la beauté égalait celle des membres. Un seul morceau de cuir enveloppait le torse, protégeant à la fois le ventre et la poitrine, laquelle gonflait agréablement la dépouille du fauve ainsi aménagé. Si bien que cela évoquait une sorte de cuirasse, fort pratique dans les combats.
Mais la silhouette était vraiment très belle. Cette fille était assez grande pour une personne de son sexe et Tek'Ii voyait le visage énergique, dont les yeux noirs jetaient souvent des éclairs. Il songeait, lui le barbare, qu'il aurait plaisir à dompter pareille créature, infiniment plus rebelle sans doute que celles qui, dans la cité des Agg, lui avaient souvent et trop complaisamment accordé leurs faveurs.

Il se disait déjà que pareille créature surpassait de beaucoup les petites femelles de son camp, si simplettes, si passives, en général incapables de raisonner et toujours stupidement soumises par les hommes aux plus basses besognes.

Femme !

Les Gaarh fabriquaient leurs engins en utilisant [...] le bois d'un arbre qui ne croissait qu'aux confins des Terres Hostiles. Le secret consistait surtout au départ dans l'enfuit qui recouvrait la plate-forme. Enduit composé avec des herbes macérées, de la semence d'adolescent et un peu de sang fourni vaillamment par plusieurs guerrières, choisies parmi les plus hardies.

la méthode pour fabriquer le skate volant des méchants

Et c'est tout.


Sortez-moi d'ici